Entreprise libérée : la nouvelle mode managériale au centre des débats

Alors que les modes de gouvernance se multiplient, voilà qu’apparaît le concept de l’entreprise libérée, nouvel avatar des managers et autres innovateurs de la vie en entreprise. Avant de rentrer dans le débat que cette façon de diriger appelle, essayons de cerner ce concept encore obscur.

 

L’entreprise libérée : qu’est-ce qu’on libère dans cette histoire ?

Au fondement du concept il y a cette critique radicale mettant en cause les managers -les fonctions supports- “comme vampire du rendement” : en soi, ils seraient superflus. Également à ses fondements, il y a cette idée qu’un salarié heureux est un salarié productif, et qu’un salarié heureux, c’est un salarié libre (ou autonome dirons nous). Il faut donc chercher à libérer (non pas l’entreprise) le salarié, de toutes directives, de tout impératif de performance (mesurée par les KPI par exemple), … En somme, il s’agit d’accorder une autonomie accrue aux salariés et de réduire l’impact de la hiérarchie. Cette philosophie entrepreneuriale entre donc directement en consonance avec les théories sur le bien-être au travail ou le management à Google.

 

Le grand débat

Le concept de l’entreprise libérée est de ces idées qui divisent. D’un côté, elle réunit tous ceux qui croient en “l’homme bon” de Rousseau ; en la possibilité d’une anarchie, ou d’une démocratie directe sans aucune hiérarchie. De l’autre, elle appelle aux critiques qui se veulent réalistes, plus pragmatiques : celle qui se veut hors du “en théorie” et qui affirment qu’en dehors de l’expérience, tout n’est que mot.

La réalité ne se situe pas d’un côté ou de l’autre : la société horizontale reste une utopie, sans pour autant qu’elle ne soit un horizon pertinent par lequel penser le présent ; la hiérarchie -la verticalité- est loin d’être désuète (elle le sera certainement jamais) et vouloir introduire une rupture directe avec ses principes, c’est peut-être manquer de pragmatisme et de réalisme.

 

Bon sens et lapalissade

L’une des critiques que l’on peut faire et que l’on retrouve dans cet article au sujet de l’entreprise libérée, c’est son côté monde féerique, comme si tout se réglait tout seul.
Voulez-vous être plus autonome ?
Plus libre ?
Un salarié heureux est un salarié qui travaille mieux.
Qui mieux que le salarié sait faire le travail du salarié ?
Pour cela, rien de plus simple, il suffit de quelques “règles de savoir-vivre”, “d’une vision exaltante de l’entreprise partagée par tous”, “d’un dirigeant qui mette son ego de côté”. En résumé, voici ce qu’on demande : Avoir tous la même implication dans le projet (et donc que le passager clandestin n’existe pas …) ; que tout le monde partage la même bonne conduite (et donc que tout le monde soit “éduqué à la même école”) ; que le dirigeant soit prêt à remettre en cause toutes ses décisions (même s’il dispose de plus d’informations et d’expérience pour les prendre).
Il y a une absence de rigueur à vouloir voir les choses comme on espère qu’elle soit, et non comme elles sont. Cela dit, il s’agit de ne pas tomber dans le piège de l’utopie, mais de ne pas refuser les portes qu’elle ouvre pour mieux faire les choses.

 

Une idée juste “à la mode” ou une source d’inspiration pour les dirigeants d’entreprise

Il faut le dire : l’expression est sympathique, donne un côté Cookie Dingler à une boîte. C’est la jeunesse et l’innovation, la nouveauté et la fraîcheur d’une association de mots au bord de l’oxymore : l’entreprise, synonyme de travail, de labeur, de prérogative ; libérée, l’absence de contraintes, d’obligations, …

Alors est-ce que c’est le nouveau concept à la mode, et qu’au fond il apporte rien de nouveau ? Faut dire que c’est bien possible au vu de la vitesse à laquelle les tendances se créent et se défont. Mais pas tellement en fait : l’injonction à la performance comme cause de souffrance est un avertissement qui est existe depuis un bout de temps ; et c’est d’ailleurs au nom des drames sociaux qu’elle a créés que l’Etat s’est lancé dans les droits sociaux pour protéger les salariés. Mais dépassons cette simple considération et voyons ce qu’on peut en tirer pour créer un environnement plus sain dans la gouvernance de son entreprise.

Déjà l’idée que l’implication dans un projet contribue à motiver les agents : on avait écrit un article sur Socrates et le football, et aussi originale que peut être la comparaison, les joueurs de la Corinthians, motivés par un projet qui les dépassait, proposaient un football complet et qualitatif. L’idée est donc d’impliquer sincèrement le salarié. Ce principe n’est finalement pas nouveau, mais le concept d’entreprise libérée ré-insiste dessus.
En affranchissant l’employé des contraintes trop strictes, souvent concrétisées par des chiffres et des indicateurs, on lui laisse s’arranger avec sa connaissance des principes. C’est ce qui est décrit comme un programme de pensée qui est celui de la compréhension par Anne Pezet. Politizr s’inscrit dans cet esprit : le but n’est pas d’inoculer une rupture totale avec les techniques de management classiques, mais de les rendre plus efficaces et de redonner de l’importance au salarié, à son travail et à sa personne, en lui donnant la possibilité de “participer” à la vie de l’entreprise.

En quoi Politizr est adapté à ces problématiques ? La réponse ici !

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